Innovation
jeudi 17 mai 2018

Entre révolutions technologiques et écologiques : à quelles nouveautés doit-on s'attendre dans le secteur de la construction ?

Jean Staune, fondateur de l'Université interdisciplinaire de Paris mais aussi essayiste et chercheur, nous éclaire sur l’avenir de la construction.
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Les 4 révolutions

Nous nous sommes déjà tous posés la question de l’impact d’internet sur notre manière de consommer et sur la survie des métiers. Baisse du nombre d’ouvriers, chute du prix des constructions, arrivée des “prosommateurs”... Voici les révolutions liées à internet auxquelles il faut s’attendre dans un secteur bien précis : celui de l’architecture et de la construction. Dans une interview parue sur le site internet de www.batiactu.com, Jean Staune, nous éclaire sur cet avenir.

                                          

1. L’utilisation massive d’internet

L’arrivée du digital est le point de départ des mutations professionnelles. La disparition de la table à dessin au profit de l’utilisation de logiciels (Autocad, Sketchup, Photoshop...) et l’accès en illimité aux informations, ont augmenté la vitesse de production et l’exigence des clients. Cette exigence elle s’est aussi construite suite au développement des réseaux sociaux. Surfant sur les nouvelles tendances en matière de décoration et d’habitat, Houzz, Pinterest, et Instagram sont de véritables boîtes à idées pour les clients. Les demandes sont plus pointues et les délais de réalisation raccourcis.

2. Les objets connectés

Certes, la domotique actuelle facilite le quotidien des utilisateurs mais il faut s’attendre à ce que les objets connectés envahissent notre quotidien : “Votre voiture se mettra en relation avec votre climatiseur pour lui dire de se mettre sur 21 degrés car vous vous approchez de chez vous” souligne Jean Staune. Il parle aussi de disparition du trousseau de clé qui laissera place à des serrures numériques, ce qu’offre déjà Walmart à ses meilleurs clients pour faciliter la livraison de colis. Plus besoin de poser une demi-journée pour attendre le livreur, la porte se déverrouille et se referme automatiquement en un clic depuis le smartphone.

3. Les objets fabriqués par internet

Ce qu’il appelle le troisième internet concerne toutes les constructions, d’objets ou de bâtiments, réalisées grâce aux outils numériques. “Il y a quelques années, à Shanghai, dix maisons ont été imprimées en 24 heures. Elles ne sont pas très belles, certes, mais elles ont été édifiées avec un mélange de ciment et de déchets de construction recyclés. Plus tard, c'est un projet d'impression 3D de pont pour vélos qui a été lancé à Amsterdam.” Cette révolution aura un triple impact : l’automatisation et la rapidité des constructions, la baisse des coûts (il faut s’attendre à diviser le prix par 3 ou 4) et la disparition de la main d’oeuvre.

4. L’énergie

Enfin, le dernier point est lié aux nouvelles pratiques énergétiques. Le terme “prosommateur”, qui est employé par Jérémy Rifkin, fait référence aux personnes qui sont à la fois consommatrices et productrices d’énergie. Selon Jean Staune “Il faut d'abord mettre en place le smart grid, réseau intelligent de l'énergie, et il est très complexe à mettre en place. Il faut en effet passer du schéma d'une centrale nucléaire distribuant de l'énergie à des millions d'usagers, à un schéma où des millions d'usagers échangeront de l'énergie entre eux”. La disparition des centrales nucléaires lui paraît quelque peu utopiste, cependant un mix entre nucléaire et énergie produite par les prosommateurs, reste envisageable. Il sera alors moins cher de produire son électricité que de souscrire à un contrat EDF ou Engie. Les professionnels de la construction devront bien sûr intégrer ce nouveau changement dans les bâtiments.

Les impacts sur l’architecture

Toutes ces transformations en termes de construction vont évidemment impacter le domaine architectural. Alors à quoi s’attendre ? Jean Staune parle principalement du développement de l’architecture durable. Repenser la disposition des pièces, créer des espaces verts, utiliser des matériaux naturels, choisir de nouvelles méthodes d’apports énergétiques… autant de pratiques que vont s’accaparer les start-up friandes d'innovations.

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